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Un pape, un œuf et un tweet à 1,3 milliard : 10 histoires vraies de l'influence

L'influence n'est pas née avec Instagram. De la porcelaine de la reine Charlotte au record de MrBeast, dix anecdotes vérifiées racontent comment la parole d'une personne fait vendre depuis 250 ans, et ce que les marques peuvent en retenir.

L'équipe kstr13 oct. 20268 min de lecture

Un pape, un œuf et un tweet à 1,3 milliard : 10 histoires vraies de l'influence

Les « influenceurs » ont l'air d'une invention des années 2010. Pourtant, l'idée de confier sa réputation à une personne admirée est bien plus ancienne. Une reine, un pape, des écrivains, puis un œuf et un footballeur : voici dix histoires vraies, toutes vérifiées, qui racontent 250 ans d'influence. Et ce qu'elles disent de la façon de travailler avec des créateurs aujourd'hui.

L'essentiel en 30 secondes

  • En 1765, le potier Josiah Wedgwood transforme une commande de la reine Charlotte en marque : la « Queen's Ware ».
  • Au XIXe siècle, le Corse Angelo Mariani revendique plus de 4 000 témoignages de célébrités pour son vin, et reçoit une médaille d'or du pape Léon XIII.
  • En février 2018, un tweet de Kylie Jenner fait perdre environ 1,3 milliard de dollars de valeur boursière à Snap.
  • Les records actuels donnent le vertige : près de 75 millions de « j'aime » pour un post de Lionel Messi, 500 millions d'abonnés pour MrBeast.
  • La France a été l'un des premiers pays à encadrer le métier : loi adoptée à l'unanimité en 2023, contrat écrit obligatoire dès 1 000 € HT depuis janvier 2026.

Avant Internet : quand les reines et les papes faisaient vendre

1. La reine Charlotte et la porcelaine « Queen's Ware » (1765)

En 1765, la reine Charlotte, épouse du roi George III, commande au potier anglais Josiah Wedgwood un service à thé complet. Wedgwood obtient le droit de se présenter comme « Potter to Her Majesty » et rebaptise sa faïence crème « Queen's Ware ». Le nom fait le tour des salons.

En 1774, l'impératrice Catherine II de Russie lui commande à son tour un service de 952 pièces. Wedgwood ne s'arrête pas là : catalogues illustrés, livraison gratuite, satisfait ou remboursé, salles d'exposition à Londres, Bath, Liverpool et Dublin. Une seule cliente prestigieuse, et toute une stratégie construite autour d'elle.

2. Le vin Mariani, ou l'art de collectionner les témoignages

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, Angelo Mariani, chimiste originaire de Corse, commercialise un vin tonique à base de feuilles de coca. Son idée de génie : envoyer des caisses de vin aux personnalités de l'époque, puis publier leurs remerciements signés dans ses publicités et dans des albums de portraits.

Parmi ses « ambassadeurs » figurent Émile Zola, Sarah Bernhardt ou Thomas Edison. Le pape Léon XIII lui décerne même une médaille d'or, que Mariani s'empresse d'utiliser dans sa réclame.

4 000témoignages de célébrités revendiqués par Angelo Mariani pour son vin, au XIXe siècle

La suite est encore plus étonnante. En 1885, l'Américain John Pemberton lance un « French Wine Coca » directement inspiré du vin Mariani. Contraint par des lois de prohibition locales, il en fait ensuite une version sans alcool et gazeuse : le Coca-Cola.

3. Michelin offre 35 000 guides pour vendre des pneus (1900)

En 1900, les frères Michelin publient un livret de 400 pages tiré à 35 000 exemplaires, offert aux automobilistes qui achètent des pneumatiques. Le calcul est simple : plus les gens roulent, plus ils usent de pneus. C'est l'un des plus beaux exemples de contenu utile au service d'une marque.

L'anecdote du passage au payant, en 1920, vaut le détour. André Michelin découvre qu'un distributeur utilise des guides pour caler les pieds de son établi. Sa conclusion : « l'homme ne respecte vraiment que ce qu'il paye ». La première étoile « de bonne table » arrive en 1926.

4. Non, Coca-Cola n'a pas inventé le père Noël rouge

À partir de 1931, l'illustrateur Haddon Sundblom peint le père Noël pour les publicités Coca-Cola, et ce jusqu'en 1964. Son personnage jovial a durablement fixé l'image du père Noël moderne. Mais la marque le reconnaît elle-même : le père Noël portait déjà un manteau rouge avant 1931, notamment sous le crayon du dessinateur Thomas Nast au XIXe siècle. Une belle leçon : une marque peut populariser une image sans l'avoir créée.

La naissance des plateformes : tout commence par 19 secondes

5. Un zoo, deux éléphants et la première vidéo YouTube (2005)

Le 23 avril 2005, Jawed Karim, cofondateur de YouTube, publie « Me at the zoo » : 19 secondes devant les éléphants du zoo de San Diego. Rien de spectaculaire. Pourtant, la vidéo dépassait 409 millions de vues en août 2026, et le Victoria and Albert Museum de Londres l'a fait entrer dans ses collections en février 2026.

6. Instagram : 25 000 inscrits le premier jour (2010)

Instagram a fêté ses 16 ans le 6 octobre dernier. Le jour de son lancement, en 2010, plus de 25 000 personnes s'y inscrivent. Le cap du million est franchi le 12 décembre 2010, à peine deux mois plus tard. En avril 2012, Facebook rachète l'application pour environ 1 milliard de dollars.

Les records qui donnent le vertige

7. L'œuf qui a battu Kylie Jenner (2019)

Le 4 janvier 2019, un compte anonyme, @world_record_egg, publie la photo d'un simple œuf, tirée d'une banque d'images. Objectif affiché : battre le post le plus aimé d'Instagram, une photo de la fille de Kylie Jenner (18,6 millions de « j'aime »). C'est chose faite dix jours plus tard. L'œuf compte aujourd'hui environ 60,5 millions de « j'aime ».

Il a depuis été détrôné par Lionel Messi : sa photo de champion du monde, publiée le 18 décembre 2022, est la plus aimée de l'histoire d'Instagram.

74,8 Mde « j'aime » pour la photo de Lionel Messi champion du monde, record d'Instagram (octobre 2026)

8. MrBeast, premier créateur à 500 millions d'abonnés (2026)

En juin 2026, Jimmy Donaldson, alias MrBeast, devient la première chaîne YouTube individuelle à dépasser les 500 millions d'abonnés, avec environ 189 millions d'abonnés d'avance sur le label indien T-Series. Côté Instagram, Cristiano Ronaldo reste la personne la plus suivie, avec environ 679 millions d'abonnés en septembre 2026, un chiffre mesuré après le grand ménage des faux comptes opéré par la plateforme en mai 2026.

En France, la course a aussi ses rebondissements : en mai 2024, Tibo InShape est devenu le youtubeur français le plus suivi, détrônant Squeezie, en tête depuis 2019.

Quand un message fait bouger la bourse

9. Le tweet de Kylie Jenner à 1,3 milliard de dollars (2018)

En février 2018, Kylie Jenner publie ce message : « sooo does anyone else not open Snapchat anymore? Or is it just me… ugh this is so sad. » (« Alors, il n'y a que moi qui n'ouvre plus Snapchat ? C'est tellement triste. »). Lors de la séance suivante, l'action de Snap Inc. recule de plus de 6 %. Elle a beau ajouter ensuite « still love you tho snap », le mal est fait.

1,3 milliard $de valeur boursière perdue par Snap après un seul tweet de Kylie Jenner, en février 2018

L'histoire montre la face cachée de l'influence : une parole qui porte peut aussi bien construire une marque que l'abîmer, sans même qu'il y ait de partenariat.

La France, pionnière de la régulation

10. Une loi votée à l'unanimité (2023)

Le 1er juin 2023, le Parlement adopte à l'unanimité la proposition de loi encadrant l'influence commerciale. Près de 19 000 citoyens et 400 professionnels ont participé aux travaux préparatoires. Le texte devient la loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 : transparence sur les images retouchées ou produites par intelligence artificielle, interdiction de promouvoir certains produits (chirurgie esthétique, nicotine, animaux sauvages…), sanctions renforcées.

Dernière étape en date : le décret n° 2025-1137 du 28 novembre 2025. Depuis le 1er janvier 2026, un contrat écrit est obligatoire dès que la rémunération et les avantages en nature dépassent 1 000 € HT sur une même année, pour un même objectif promotionnel. Le contrat doit préciser l'identité des parties, les missions, la rémunération en euros et les droits d'exploitation des contenus.

Wedgwood et Mariani n'avaient pas ces contraintes. Mais ils n'avaient pas non plus de DGCCRF à leurs trousses.

Ce que cela signifie pour votre marque

  1. Misez sur la crédibilité plus que sur la taille. Wedgwood a bâti sa réputation sur une seule cliente, choisie pour ce qu'elle représentait. Un créateur dont l'audience vous ressemble vaut mieux qu'un compteur d'abonnés impressionnant.
  2. Rendez service avant de vendre. Le guide Michelin ne parlait presque pas de pneus. Demandez à vos créateurs un contenu utile à leur audience, pas une simple démonstration produit.
  3. Le témoignage reste votre meilleur atout, à condition d'être transparent. Mariani publiait des éloges sans jamais dire qu'il offrait le vin. Aujourd'hui, la mention de la collaboration commerciale est une obligation légale, et un gage de confiance.
  4. Vérifiez les audiences. Même les plus gros comptes perdent des abonnés quand les plateformes font le ménage. Regardez l'engagement réel et la provenance des abonnés avant de signer.
  5. Signez un contrat, même pour les petits montants. Il est obligatoire au-delà de 1 000 € HT par an et par objectif promotionnel. En dessous, il reste le meilleur moyen de fixer les livrables, les délais et les droits d'utilisation.
  6. Préparez-vous au meilleur comme au pire. Le tweet de Kylie Jenner le rappelle : la parole d'un créateur pèse lourd. Un brief clair et une validation du contenu avant publication protègent les deux parties.

Conclusion

De la porcelaine royale aux records d'Instagram, le ressort n'a pas changé : on fait confiance aux personnes avant de faire confiance aux marques. Ce qui a changé, ce sont les outils, la vitesse et les règles. C'est pour cette version moderne que nous avons conçu kstr : trouver des créateurs vérifiés, signer le contrat en ligne et ne payer qu'une fois le contenu validé.


Sources

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